Quels sont les problèmes de santé courants chez les chevaux ?

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Nicolas
Quels sont les problèmes de santé courants chez les chevaux ?

Un cheval qui va bien, ça se voit… et surtout ça se sent. Après des années à observer mes propres chevaux, ceux de mes clients et à échanger avec les vétérinaires équins qui suivent mes articles, je peux vous dire une chose : la plupart des maladies du cheval les plus fréquentes se répartissent en quelques grandes familles bien identifiées, digestives, respiratoires, locomotrices, cutanées, et qu’apprendre à les reconnaître change tout dans la gestion du quotidien.

Pour aller droit au but : les coliques restent la première cause de consultation en urgence, les ulcères gastriques et les parasites internes touchent une large proportion de chevaux souvent sans bruit, tandis que l’asthme équin, l’arthrose et la fourbure complètent ce tableau des pathologies qu’un propriétaire croise tôt ou tard sur son chemin. Chaque famille de troubles a ses propres signaux d’alerte, et c’est justement ce qui va nous occuper dans les lignes qui suivent.

Je vous emmène donc faire le tour complet de la santé du cheval, des signes qui doivent vous mettre la puce à l’oreille jusqu’aux gestes de prévention qui marchent vraiment, avec au passage un tableau récapitulatif et une checklist saisonnière que vous pourrez garder sous le coude toute l’année.

Comment savoir si votre cheval est en bonne santé ou souffre d’un problème ?

Avant de vous parler de maladie chez le cheval, il faut d’abord savoir reconnaître un animal en bonne santé, et ça commence par une observation quotidienne toute simple, presque un réflexe à prendre dès le premier café du matin à l’écurie.

Les signes vitaux et comportementaux à observer chaque jour

Un œil averti repère un problème bien avant qu’il ne devienne grave 👀. Les constantes vitales d’un cheval au repos suivent des repères précis qu’il vaut mieux connaître par cœur :

  • Fréquence cardiaque : la fréquence cardiaque du cheval normale se situe entre 28 et 44 battements par minute au repos1
  • Fréquence respiratoire : entre 8 et 16 mouvements par minute au repos
  • Aspect des crottins : couleur, consistance et fréquence d’émission réguliers
  • Appétit : intérêt constant pour le fourrage et les repas habituels
  • Attitude générale : oreilles mobiles, regard vif, réaction normale à l’environnement
  • État du poil : brillance, absence de zones ternes ou de démangeaisons excessives

Quand consulter un vétérinaire en urgence ?

Certains signes ne pardonnent aucun délai, et c’est là que ma phrase préférée prend tout son sens : mieux vaut un appel pour rien qu’un retard qui coûte cher. Voici les critères qui doivent vous faire décrocher le téléphone sans hésiter :

  • Absence de crottins depuis plus de 6 à 8 heures
  • Fréquence cardiaque élevée dépassant 60 battements par minute au repos
  • Refus total de s’alimenter, même pour une friandise habituellement irrésistible
  • Position anormale : cheval couché de manière prolongée, qui se roule frénétiquement ou qui regarde ses flancs

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Les troubles digestifs, première cause de consultation chez le cheval

Le système digestif du cheval est une mécanique fragile, et c’est sans surprise que les troubles digestifs arrivent en tête des motifs de consultation vétérinaire.

Coliques et ulcères gastriques : des urgences à ne pas sous-estimer

Je me souviens d’une propriétaire, cliente de longue date, qui m’a appelé un dimanche matin paniquée : son hongre se roulait dans le pré et refusait de bouger. On respire un grand coup, on garde son calme, et on appelle le vétérinaire sans attendre, voilà la règle numéro un. Autant vous dire tout de suite qu’il existe une différence énorme entre une colique bénigne, souvent liée à un gaz ou un spasme passager qui se résout en quelques heures, et une colique chirurgicale, provoquée par un déplacement ou une torsion intestinale qui met la vie du cheval en danger. Les ulcères gastriques, eux, jouent la carte de la discrétion : perte d’appétit progressive, sensibilité au niveau des flancs, changement de caractère, sans jamais crier au loup comme le fait une colique aiguë2.

Parasites internes et problèmes dentaires : des ennemis souvent silencieux

On ne va pas se mentir, personne n’aime parler de vers intestinaux, et pourtant ils restent un classique increvable de la maladie du cheval au quotidien. Un cheval infesté peut perdre du poids, présenter une diarrhée intermittente ou un poil piqué sans qu’on comprenne tout de suite d’où vient le problème3. Les problèmes dentaires suivent la même logique sournoise : une usure irrégulière des dents provoque des douleurs qui poussent le cheval à mâcher de travers, à recracher son foin en boulettes ou à perdre du poids sans raison apparente, et seul un contrôle dentaire annuel permet de rattraper le coup avant que ça ne dégénère.

Les affections respiratoires et infectieuses, entre gêne chronique et risque épidémique

Passons maintenant aux voies respiratoires, un terrain où se mélangent gênes chroniques du quotidien et maladies contagieuses qui demandent une vigilance collective.

Asthme équin et toux chronique : quand les voies respiratoires s’enflamment

L’ASTHME ÉQUIN, longtemps appelé emphysème, résulte le plus souvent d’une exposition prolongée aux poussières et moisissures du foin ou de la litière. Une toux qui traîne, un jetage nasal ou un effort respiratoire visible au repos doivent alerter, et la première réponse passe presque toujours par une meilleure ventilation du box et une litière moins poussiéreuse4.

Grippe, gourme, rhinopneumonie : pourquoi la vigilance sanitaire collective reste essentielle

Ces trois maladies contagieuses, la grippe équine, la gourme et la rhinopneumonie, se transmettent facilement entre chevaux et justifient une véritable prophylaxie du cheval collective, vaccination et quarantaine des nouveaux arrivants en tête. Le RESPE assure un suivi épidémiologique régulier de ces pathologies en France, et je vous recommande vivement de consulter leurs bulletins avant tout mouvement de chevaux ou participation à une compétition5.

Les troubles locomoteurs et métaboliques qui menacent la mobilité du cheval

Changement de décor, on quitte les organes internes pour s’attaquer à ce qui fait avancer le cheval, ses membres et son métabolisme, deux terrains où la prévention change vraiment la donne.

Arthrose, boiterie et blessures articulaires : préserver l’appareil locomoteur

L’arthrose touche des chevaux de tous âges et de toutes disciplines, provoquant une boiterie progressive et une raideur particulièrement visible au départ au pas. Les blessures articulaires et tendineuses viennent souvent s’ajouter au tableau chez les chevaux de sport soumis à un travail intense, d’où l’importance d’un échauffement progressif et d’un entraînement adapté à l’âge et à la condition physique de l’animal6.

Fourbure et syndrome métabolique équin : une urgence liée à l’alimentation

La fourbure figure parmi les urgences les plus redoutées en pathologie du pied, capable de mettre en jeu le pronostic vital sans prise en charge rapide. Elle se déclenche souvent chez des chevaux en surpoids ou souffrant d’un syndrome métabolique équin, une piste qui doit pousser tout propriétaire à surveiller de près la ration en glucides et l’accès à l’herbe riche du printemps7.

Peau, parasites et prévention : les clés d’une santé durable toute l’année

Après l’alimentation et le poids, terminons notre tour d’horizon par la peau et le poil, deux indicateurs souvent négligés alors qu’ils racontent énormément sur l’état général du cheval.

Dermatites, allergies et parasites externes : protéger la peau et le poil

L’eczéma estival, les dermatites du paturon ou les allergies aux piqûres d’insectes reviennent chaque année avec la même régularité que les hirondelles, provoquant démangeaisons et zones de poil abîmé. Une bonne hygiène de peau, des soins réguliers et une protection anti-insectes adaptée limitent fortement ces désagréments, souvent bénins mais franchement pénibles pour le cheval comme pour son propriétaire.

Panorama des problèmes de santé courants : symptômes, urgence et prévention en un coup d’œil

Pour y voir clair d’un seul regard, voici le tableau que j’aurais aimé avoir sous la main à mes débuts :

ProblèmeSignes d’alerteUrgence ou nonPrévention
ColiqueRoulades, flancs regardés, absence de crottinsUrgence variable, parfois vitaleFourrage de qualité, transitions alimentaires progressives
Ulcère gastriquePerte d’appétit, sensibilité, changement de caractèreNon urgent mais à traiter rapidementAccès permanent au fourrage, gestion du stress
FourbureBoiterie, position des membres antérieurs en avant, chaleur au piedUrgence vitaleContrôle du poids, limitation de l’herbe riche
Asthme équinToux, jetage nasal, effort respiratoireNon urgent, chroniqueVentilation, litière peu poussiéreuse
GourmeFièvre, jetage, ganglions gonflésContagieux, isolement nécessaireVaccination, quarantaine
ArthroseRaideur, boiterie progressiveNon urgent, chroniqueEntraînement progressif, soins réguliers
Parasitisme interneAmaigrissement, poil piqué, diarrhéeNon urgentAnalyse de crottins, vermifuge ciblé

La checklist saisonnière pour anticiper les risques sanitaires été comme hiver

Comme pour les revêtements de sol ou les paddocks dont je vous parle souvent, la saison change complètement la donne côté santé. Voici les points à surveiller selon le calendrier :

  • Risques estivaux : déshydratation liée aux fortes chaleurs, coup de chaleur pendant l’effort, mouches et insectes piqueurs favorisant dermatites et allergies
  • Risques hivernaux : coliques au froid provoquées par une eau glacée ou insuffisante, dermatite des paturons dans la boue, manque d’eau si les abreuvoirs gèlent

Un cheval bien surveillé toute l’année, c’est un cheval qui vous évitera bien des nuits blanches, et croyez-moi, j’en connais un rayon sur le sujet !

Sources

  • https://www.cavalassur.com/actualite/sante/les-principales-maladies-du-cheval.html [1]
  • https://www.certivet.com/guides-conseils/cheval/fiches-sante-cheval/ [2] [6]
  • https://www.medpets.fr/problemes-sante-chez-chevaux [3] [7]
  • https://madbarn.ca/fr/maladies-equines-communes/ [4]
  • https://respe.net/maladies-equines-comprendre-les-bases-pour-mieux-proteger-les-chevaux/ [5]

Foire aux questions

Les coliques restent le motif de consultation le plus fréquent, suivies de près par les ulcères gastriques et les troubles liés aux parasites internes.

Les problèmes les plus courants touchent la digestion (coliques, ulcères), la respiration (asthme équin), la locomotion (arthrose, fourbure) et la peau (dermatites, allergies).

La surveillance sanitaire actuelle porte notamment sur la grippe équine, la rhinopneumonie et d’autres maladies contagieuses suivies par le RESPE, dont les bulletins évoluent régulièrement selon les foyers signalés.

On distingue en général les troubles digestifs, respiratoires, locomoteurs, métaboliques, cutanés, parasitaires et infectieux/contagieux chez le cheval.

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