Quelle est la principale cause de mortalité chez les chevaux ?

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Nicolas
Quelle est la principale cause de mortalité chez les chevaux ?

Un cheval qui présente des signes de coliques a besoin d’une intervention rapide, sans attendre. C’est peut-être la phrase la plus importante que vous lirez sur ce sujet, et je vais vous expliquer pourquoi.

Les coliques digestives représentent la première cause de mortalité chez les chevaux, toutes tranches d’âge confondues. Chez les sujets âgés, les études d’autopsie chiffrent la part des affections digestives à près de 46 % des décès1. Loin derrière suivent les troubles urogénitaux, locomoteurs et cardio-vasculaires. La mort subite du cheval obéit quant à elle à une logique différente, avec des causes brutales comme la rupture de l’aorte ou les troubles cardiaques.

Depuis vingt ans que je traîne mes bottes dans les écuries et que j’observe le quotidien des propriétaires, j’ai vu trop de cas de coliques mal anticipées virer au drame. Je vous propose de décortiquer ensemble les mécanismes, les chiffres et surtout les signes qui doivent vous faire réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Ce que révèlent les études vétérinaires sur la mortalité équine

Les chiffres ne mentent pas, et ceux qui circulent dans la littérature vétérinaire sont sans appel. Une étude rétrospective menée sur 517 autopsies de chevaux âgés a permis d’établir une hiérarchie précise des causes de décès, avec le tractus digestif en tête à hauteur de 45,8 % des cas, suivi du tractus uro-génital (14,5 %), de l’appareil locomoteur (9,9 %) et du système cardio-vasculaire (9,3 %)2. Ces données rejoignent celles publiées par La Semaine Vétérinaire, qui confirme cette proportion de 46 % de mortalité liée aux affections digestives chez le cheval âgé3. Ce sont des sources sérieuses, issues d’un travail d’autopsie systématique, pas des estimations approximatives glanées sur un forum.

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Minute Santé Boehringer – Les coliques

Les coliques, une des premières causes de mortalité chez le cheval : quelles sont les causes, les signes d’appel et les traitements …

COLIQUE chez le cheval. Comment se passe la réception de l’urgence? EXPLICATION 🇫🇷🇬🇧

Les coliques digestives, première cause de mortalité chez les chevaux

Avant d’aller plus loin, un constat s’impose : la colique n’est pas une simple douleur de ventre passagère, c’est la maladie du cheval qui tue le plus, tous profils confondus.

Ce que révèlent les études vétérinaires sur la mortalité équine

Les données d’autopsie convergent toutes vers le même constat, avec une proportion oscillant entre 45 et 46 % des décès attribués aux troubles digestifs4. Cavalassur confirme également que la colique est la maladie digestive la plus courante chez le cheval et sa première cause de décès5.

Torsion, occlusion, rupture : pourquoi les coliques sont-elles aussi meurtrières ?

L’intestin du cheval est long, mobile et pauvrement fixé dans la cavité abdominale, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux torsions sur lui-même. Quand une anse se retourne, elle coupe sa propre irrigation sanguine, le tissu se nécrose en quelques heures, et sans chirurgie d’urgence, c’est la mort assurée. Comme me le confiait un vétérinaire équin rencontré lors d’un salon : « Sur une torsion intestinale, on compte littéralement les minutes, chaque heure de retard réduit les chances de survie du cheval sur la table d’opération. »

Panorama des autres causes majeures de décès équin

Une fois les coliques évacuées du haut du podium, la suite du classement mérite qu’on s’y attarde, car les écarts entre catégories restent significatifs.

Quelle hiérarchie des pathologies mortelles après les coliques ?

Quelle hiérarchie des pathologies mortelles après les coliques ?

Derrière le tractus digestif, ce sont les affections du TRACTUS URO-GÉNITAL qui arrivent en seconde position, avec près de 14,5 % des décès recensés chez le cheval âgé, une proportion largement portée par les complications de gestation et de poulinage chez les juments6. Viennent ensuite les troubles de l’appareil locomoteur, autour de 9,9 %, avec des fractures et raideurs qui pèsent lourd chez les sujets vieillissants. Le système cardio-vasculaire suit de près avec 9,3 % des cas, incluant les affections valvulaires souvent silencieuses jusqu’au stade terminal. Les néoplasies, c’est-à-dire les tumeurs, complètent ce panorama avec environ 5,6 à 5,9 % des décès, une proportion qui grimpe avec l’âge de l’animal, les carcinomes cutanés étant les plus fréquemment observés7. Les affections respiratoires ferment ce tableau, avec une prévalence qui augmente également avec l’âge du fait de la réduction des échanges gazeux.

Cheval âgé, cheval adulte : des risques de mortalité bien différents

Ce que je constate en visitant des centres équestres, c’est que le profil de risque bascule nettement après 18-20 ans, l’âge où débute officiellement le vieillissement chez le cheval8. L’espérance de vie moyenne se situant autour de 25 ans, ces dernières années deviennent statistiquement les plus exposées à une accumulation de pathologies chroniques.

Tranche d’âgeCauses principalesFréquence observéeParticularités cliniques
Adulte (5-15 ans)Coliques aiguës, accidents traumatiquesÉlevée sur les coliquesRéponse immunitaire efficace, récupération souvent meilleure
Senior (16-19 ans)Troubles uro-génitaux chez la jumentFréquence croissanteComplications liées à la gestation et au poulinage
Âgé (20 ans et plus)Troubles locomoteurs, cardio-vasculaires, tumorauxPrévalence accrue avec l’âgeImmunité altérée, parasitisme et usure dentaire majorés

Mort subite : une catégorie à part dans la mortalité équine

Accrochez-vous, on entre ici dans un territoire à part, celui du cheval mort sans le moindre signe préalable, une situation qui déroute autant les propriétaires que les vétérinaires.

Quelles sont les causes principales d’une mort subite chez le cheval ?

La mort foudroyante d’un cheval en apparence sain relève d’un mécanisme bien différent de la mortalité classique liée aux maladies chroniques9. Voici les causes principales identifiées :

  1. rupture de l’aorte
  2. troubles cardiaques (arythmies, cardiomyopathies)
  3. coliques sévères (torsions, ruptures intestinales)
  4. ruptures digestives (accumulation de gaz ou d’aliments)
  5. intoxications (plantes toxiques comme l’if ou le séneçon, aliments ou produits chimiques contaminés)
  6. myopathie atypique (liée à l’ingestion de graines d’érable sycomore)
  7. maladies infectieuses fulgurantes (septicémies)
  8. accidents traumatiques (chutes, collisions)

On y retrouve aussi parfois un œdème pulmonaire mort subite, notamment chez les chevaux de sport soumis à des efforts intenses, un mécanisme proche de la crise cardiaque cheval qu’on observe chez l’humain.

Comment le vétérinaire détermine-t-il la cause exacte d’un décès brutal ?

Là, franchement, le travail du vétérinaire ressemble à celui d’un enquêteur 🔍. L’autopsie reste l’outil incontournable pour établir un diagnostic fiable, mais dans près de 30 % des cas la cause reste non élucidée malgré un examen approfondi10. L’interrogatoire du propriétaire, les circonstances de la découverte du corps et l’historique de santé de l’animal complètent l’examen post-mortem pour tenter de reconstituer le fil des événements.

Prévenir et détecter : les réflexes qui sauvent des vies

Voici le point qui compte vraiment pour vous, propriétaires : savoir reconnaître les signaux avant qu’il ne soit trop tard.

Quels signes cliniques doivent alerter selon la cause de mortalité ?

Un cheval qui se roule au sol, qui gratte le sol avec insistance ou qui refuse de s’alimenter mérite votre attention immédiate, pas dans une heure, maintenant.

Cause de mortalitéSignes cliniques à surveillerDegré d’urgence
Coliques digestivesAgitation, roulades, ventre gonflé, absence de crottinsUrgence vitale immédiate
Troubles cardiaquesFatigue anormale, essoufflement, syncopeUrgence vétérinaire
Affections respiratoiresToux, écoulement nasal, respiration difficileSurveillance rapprochée
Troubles locomoteursBoiterie, raideur, difficulté à se leverConsultation rapide
IntoxicationsTremblements, faiblesse musculaire, urines foncéesUrgence vitale immédiate

Quelles bonnes pratiques adopter au quotidien pour limiter les risques ?

Rassurez-vous, la plupart des drames évoqués plus haut peuvent être évités par des gestes simples et réguliers, appliqués avec constance. Ce n’est pas sorcier, mais ça demande de la rigueur, jour après jour.

  • gestion alimentaire et hydrique : rations adaptées, accès permanent à l’eau propre, transitions alimentaires progressives
  • vermifugation raisonnée : basée sur des analyses coprologiques plutôt que sur un calendrier systématique
  • surveillance des paramètres vitaux : température, fréquence cardiaque et respiratoire au repos
  • activité physique adaptée : entraînement progressif, échauffement avant l’effort
  • suivi vétérinaire régulier : bilan dentaire, contrôle cardiaque et digestif au moins une fois par an

Sources

  • https://www2.sngtv.org/article-bulletin/etude-retrospective-des-principales-causes-de-mortalite-identifiees-a-lautopsie-dans-un-effectif-de-chevaux-ages/ [1] [2] [4] [6]
  • https://www.lepointveterinaire.fr/publications/la-semaine-veterinaire/article/n-1409/les-principales-causes-de-mortalite-du-cheval-age-sont-recensees.html [3] [7] [8]
  • https://www.cavalassur.com/actualite/sante/les-principales-maladies-du-cheval.html [5]
  • https://lemagdesanimaux.ouest-france.fr/dossier-2701-mort-subite-cheval.html [9]
  • https://equine.le-nouveau-praticien-veterinaire.org/articles/npvequi/abs/2012/03/npvequi30p29/npvequi30p29.html [10]

Foire aux questions

Les coliques digestives arrivent largement en tête, suivies des troubles uro-génitaux, locomoteurs, cardio-vasculaires et tumoraux. La mort subite obéit à une logique différente, avec des ruptures vasculaires ou des intoxications.

Les coliques restent la pathologie la plus fréquente et la plus redoutée chez le cheval, touchant tous les âges et toutes les races sans distinction particulière.

Rupture de l’aorte, troubles cardiaques, coliques sévères, ruptures digestives, intoxications, myopathie atypique, infections fulgurantes et accidents traumatiques figurent parmi les causes recensées.

La colique digestive reste la maladie la plus mortelle, notamment sous ses formes graves comme la torsion ou la rupture intestinale nécessitant une chirurgie d’urgence.

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